Thor Navigator Wrote:Coup d'état... faut pas exagérer tout de même. Les deux établissements sont des EPIC, détenus à 100% par l'Etat (depuis 1983 pour la SNCF). Quant au discours sur la concurrence "libre et non faussée", à part dans les manuels d'économie (néoclassique), tout le monde sait que celle-ci n'est qu'une théorie bien éloignée de la réalité, où tous les acteurs ne sont pas des "monstres froid de rationalité" évoluant dans un système parfait où l'info circule librement et l'optimum économique atteint à tous les stades de fonctionnement.
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Tu as tout à fait raison de souligner, que les deux EPIC étant détenus par l'État, l'indépendance de RFF était toute relative.
Cependant, malgré cette autorité de tutelle commune, dans les faits même si cela n'était pas parfait, on voyait bien se dessiner et prendre forme peu à peu à travers de RFF une autre forme, une autre manière de penser le chemin de fer bien différente de celle préconisée par la SNCF.
Même si les deux entités étaient dirigées par le même patron, l'État, pour justifier son existence, on sentait chez RFF une volonté de penser le chemin de fer, autrement.
La SNCF avait fait le choix de laisser tomber le fret ferroviaire et de se recentrer sur le fret routier via GEODIS, peut-être par esprit de contradiction, RFF essayait de démontrer que oui on pouvait quand même faire du fret ferroviaire y compris sur des courtes distances et sur des volumes jugés trop faibles
On comprend bien que ces empêcheurs de tourner en rond, qui infirmaient une partie du discours de la SNCF, agaçaient au plus haut point les dignitaires de la SNCF.
RFF dans le giron de la SNCF, s'est sans doute la fin des expériences OFP, par ailleurs Guillaume Pepy, a proposé au gouvernement un remboursement d'une partie de la dette par la SNCF.
Dans la mesure où la SNCF est maintenant recentrée, sur le TGV, le TER et les transports urbains et GEODIS et qu'elle laisse tomber peu à peu le fret ferroviaire, la tentation peut être forte de trouver de l'argent pour rembourser cette dette dans la vente et la simplification des installations marchandises (inutiles pour GEODIS même si elles peuvent l'être pour ECR, EPF, etc).
Une autre piste est également une forte augmentation des péages (bien plus faibles en France qu'en Allemagne) pour le fret ferroviaire.
Là aussi un impact faible pour fret SNCF, qui est en train de réduire la voilure (1) mais fort pour les opérateurs ferroviaires concurrents de GEODIS, et qui pourrait bien les pousser à remballer leur matériel du théâtre des opérations français et à aller opérer dans des contrées moins hostiles.
Au final, le vrai vainqueur de cette opération, c'est le transport routier.
(1)
et de toute manière si une augmentation des péages doit encore plus fragiliser le fret SNCF, quelque part ce serait un bon moyen de se débarrasser d'une activité dont, semble-t-il, on ne veut plus...