Latil 22 Wrote:Ceci dit, je pense que les Manceaux, Montpellierains et Orléanais ne doivent pas se sentir très fiers d'avoir fait passer leur tram place de la République, place de la Comédie et place du Martroi ce qui semble être une parfaite abérration. D'ailleurs, je suis à peu près sûr que si l'on demandait aux commerçants de ces places (encore un peu tôt pour Le Mans), s'ils veulent qu'on y enlève le tram, ils diraient oui tout de suite.
Je pense que c'est de l'ironie à froid, car il me semble que ces trois places sont vraiment le cœur de ces villes ? Les tramways les desservent de façon optimale.
Latil 22 Wrote:En ce qui concerne Nantes enfin, je pense que ce n'est pas comparable. Il s'agit d'une métropole régionale et, quoi qu'on en dise, le cours des 50 odages, s'il n'est pas une place, est bien le coeur du centre ville !
Pour Nantes c'est plus compliqué : la ligne de tram n° 1 emprunte dans le centre-ville la voirie établie sur l'ancien bras de la Loire, qui a été comblé à partie du milieu des années 30, il y a 75 ans environ. De même pour le cours des 50 Otages, ancien lit de l'Erdre, comblé à la même époque. Le cœur historique de Nantes est situé place du Bouffay et au pourtour de l'église Toussaint. Il s'est étendu, à partir des années 1830 jusqu'à la place du Commerce et à la Bourse. Le bras comblé de la Loire était alors le site initial du port, qui s'est progressivement étendu sur la rive nord, longée de remparts, vers le quai de la Fosse, à l'ouest. De ce fait, la voirie qui va du château à la place du Commerce est à la fois le cœur de la ville et la limite-même du centre-ville : quand on traverse la largeur du cours Franklin Roosevelt depuis la station centrale du tram et des bus on quitte l'hyper-centre, l'ancienne île Feydeau n'étant que résidentielle. Aujourd'hui le tramway dessert donc parfaitement le centre-ville historique, et au plus près. D'ailleurs jadis le centre du réseau des anciens tramways se situait place du Commerce, à moins de 200 mètres de la station centrale actuelle. C'était toujours le point central des autobus jusque vers 1980. La station a du déménager vers là où elle se trouve aujourd'hui, la place du Commerce étant devenue un embouteillage d'autobus, d'ailleurs très pittoresque pour des passionnés comme nous. De même, la rue de Strasbourg (environ 600 mètres), est à chacune de ces extrémités à la fois l'entrée du cenre-ville et sa sortie : elle va de l'ancien port (près du château) jusqu'au carrefour 50 Otages/rue Paul Bellamy (route de Rennes). Sa sortie nord est très bien desservie par les trams d'Orvault.
À la même époque, à Angers, la place du Ralliement était le cœur du réseau pour 12 lignes, jusqu'à la construction du parking souterrain. Puis, pour avantager le confort des automobilistes et un accès fluide au parking, on a évacué du Ralliement plusieurs lignes d'autobus, vers le boulevard Foch, et leur clients ont dû faire de 200 à 300 mètres à pied. On ne leur avait pas demandé leur avis, mais qui croirait que les voyageurs des autobus puissent être aussi pressés que les automobilistes, puisqu'ils accepptent déjà d'attendre le passage du bus ?
On avait vu grand : il y avait même une station service souterraine, elle a dû rapidement fermer (pas assez de clients). Le parking a aussi fait de mauvaises affaires et la société exploitante s'est résignée à demander à la municipalité d'Angers de bien vouloir la racheter, ce qui fut fait. Puis il a dû être en grande partie détruit puis reconstruit : il était inaccessible aux personnes handicapées et aux parents avec des voitures d'enfant. Je me souviens d'avoir monté et descendu bien des fois les trois étages d'escaliers, une poussette dans les bras. Il n'y avait qu'un seul ascenseur ne desservant que des demi-niveaux, c'était un coin-pipi. Aujourd'hui M. Béchu en parle comme du « poumon du stationnement » dans le centre. Un poumon poussif qui toussotte et qui crachote.
À Tours (place Jean Jaurès), Le Mans (place de la République), Rennes (place de la Mairie), Poitiers (place Leclerc), Brest (place de la Liberté) les centres anciens des réseaux des anciens trams, puis des bus qui les ont remplacés, sont toujours aux mêmes endroits traditionnels. Il faut bien se dire que les centres-villes se maintiennent et ne bougent pas, ou très peu, au fil des décennies.