Il me semble que si l'on s'en réfère aux règles les plus élémentaires de la concurence, RFF n'est pas obligé de choisir la SNCF pour les travaux à réaliser sur les voies.... Une petite mise en concurence ne ferait sans doute pas de mal.
Cher Eomer, le principe de concurrence est une construction de nature politique (au sens noble du terme), ce n'est pas une réalité comme la chute des corps qui s'impose à tous. La concurrence n'est pas la solution à tous les problèmes, et tout le monde sait que la rationnalité des acteurs économiques (comme la concurrence parfaite, au sens de Walras) est une pure vue de l'esprit.
Ensuite, comme Gilles l'a souligné après, c'est le principe de faire organiser la maintenance par la SNCF, en ce qui concerne le réseau existant, qui est imposé à RFF par la loi. Les travaux eux-mêmes sont réalisés :
- par des entreprises externes à la SNCF (désormais choisies par RFF) pour les opérations lourdes type RVB, remplacement d'appareils de voie... avec protection des chantiers et exploitation de la ligne demeurant assurés par la SNCF,
- par la SNCF elle-même (agents de l'ex "Equipement") pour les opérations de maintenance courante (remplacement ponctuels de rails ou traverses, bourrage/relevage, contrôles de la géométrie de la voie, des OA etc.)
Ne pas oublier enfin que la maintenance courante est une part de la convention de gestion, la part la plus importante concernant l'exploitation proprement dite.
Je sais que la tentation de "dépecer la bête" est grande, maintenant qu'on a coupé en deux le système (au passage, que fait-on des agents SNCF concernés ?). RFF ne se prive pas de dénoncer les "coûts élevés" de la maintenance assurée par son GI délégué. C'est de bonne guerre et il fallait s'y attendre... Ah si seulement les frais de maintenance pouvaient diminuer et les péages augmenter, ce serait formidable, évidemment...
Si l'on veut une comparaison objective, regardons chez nos voisins les coûts d'entretien et d'exploitation de leurs voies ferrées, à niveau de trafic et d'état de la voie comparables, et l'on verra que les coûts français n'ont rien d'exhorbitants (les gens de la voie ne sont pas des "seigneurs du rail" comme certains le pensent). Quant aux boites de TP ferroviaires, tout le monde sait pertinemment qu'elles paient relativement mal leurs ouvriers, dont les conditions de travail sont difficiles et la MO d'origine étrangère nombreuse (les Français "installés" n'étant pas nombreux à postuler pour de tels emplois !). Il n'y a qu'à reprendre l'exemple édifiant des travaux de régénération de la LGV PSE à la fin des années 90 pour mesurer le fossé qui séparait les bases-vie du personnel SNCF des caravanes de fortune des agents de TSO ou d'ETF...
Enfin, et je me répète, dans le mode ferroviaire, on fait de grosses économies de maintenance courante en renouvellant une fois pour toute l'ensemble des constituants usés d'une voie ferrée, pour la transformer en voie moderne "aux normes", dont la maintenance est ainsi réduite (sauf sur les lignes à trafic élevé pour lesquelles cette solution est adoptée depuis des lustres) et peut être fortement automatisée. Mais pour faire ces économies futures, il faut investir, sans espoir de retour rapide sur investissement (puisque les crédits actuels obligent à limiter même la maintenance courante sur certaines lignes). Evitons donc les "y'a qu'à, faut qu'on..." qui n'apportent guère de solution en la matière.
L'audit externe en cours sur l'état du réseau ferré français et sa politique de maintenance, dont les premiers résultats devraient être connus au 1er semestre 2005, permettra sans doute d'éclairer le débat, avec probablement des décisions difficiles à la clé... (mais c'est un secret de polichinelle, et l'Etat le sait très bien), si pour une fois le rapport n'est pas enterré.
TN