Brive-Paris Wrote:C'est quand même cocasse que sur POLT et Paris-Clermont la DGTIM ait refusé d'étudier le 220 km/h alors que ça existe pour des TER entre Nantes et Angers ou Strasbourg et Mulhouse alors que dans le même temps des rames Oxygène à 200 km/h vont être autorisées sur une LGV conçue pour du 320 km/h compte tenue de la perte de capacité. Ils comptent très certainement que d'ici là une compagnie TGV se présentera et l'intercité Bordeaux-Marseille sera alors qu'un vieux souvenir.
Non, les TER sont limités à 200 km/h. Seuls les TGV (et historiquement pas tous) peuvent circuler à 220 km/h.
Le relèvement de 200 à 220 km/h est intervenu dans le contexte du projet TGV Atlantique. La commission Rudeau (un Ingénieur général des P&C missionné par les ministres de l'Economie et des Transports de l'époque) avait préconisé l'allongement du tronc commun de la LGV A pour contenir son coût (préconisation qui fut retenue dans le projet final soumis à l'enquête publique), la LGV Atlantique étant financée pour l'essentiel par la SNCF (il y a eu une part de financement de l'état et des collectivités pour la gare de Massy et afin de diminuer les nuisances sonores et visuelles, via le projet de coulée verte). Les progrès réalisés en matière de freinage avec les rames Atlantique et la diminution de l'effet de souffle comme du bruit par rapport aux rames tractées à 200 km/h permettait d'envisager cette évolution, qui s'est réalisée dans un contexte très différent du fonctionnement actuel : système ferroviaire intégré (donc pas de raisonnement mono-acteur se demandant comment il va financer cette amélioration et s'il a intérêt à la porter ou non), boucles de décisions bien plus rapides qu'aujourd'hui (moins de technostructure, de phases d'études...), pas d'autorité environnementale ayant une approche pointilliste dès qu'on prévoit un relèvement de vitesse ou un petit accroissement de l'offre (cela a été le cas sur Paris-Clermont, pour ces deux sujets + la construction des petites sous-stations 1,5 sur Melun-Montargis)...
Brive-Paris Wrote:Concernant les passages à niveau pour relèvement à 200km/h, il en reste 4 sur 14 entre Neuvy-Pailloux et Lothiers, 2 ayant étés supprimés en 2023 cela ne semble pas être insurmontable.
Si un relèvement de vitesse est prévu, on n'échappera pas à la soumission du dossier à l'autorité environnementale (particulièrement tatillonne sur tout ce qui conduit à accroître les nuisances, fut-ce en pleine campagne), en plus de l'EPSF. Sur le plan technique, un relèvement de vitesse nécessite de valider un grand nombre de critères (on parle de vitesse potentielle du tracé, de la voie, des caténaires, OA, les mesures de protection des voyageurs dans les gares/haltes traversées à plus de 160 km/h etc.) et de réaliser des essais spécifiques. La logique actuelle en matière de régénération est de rester iso en termes de vitesse par rapport à la situation ante, suppression des LPV/LTV liées à la dégradation de l'infrastructure mise à part, toute amélioration de cette nature faisant entrer l'opération en "projet de développement" (avec des financements différents et un processus de suivi plus lourd). D'où la propension à ne pas améliorer l'existant, même quand c'est accessible à faible coût (il y a toujours un impact économique, ne serait-ce qu'au niveau de la maintenance). On a connu ce type de fonctionnement à une époque ancienne, du temps des compagnies d'avant 1938. Certaines innovaient, d'autres beaucoup moins.