Puisqu'on parle des lignes rurales, je ne sais pas pourquoi je m'intéresse aujourd'hui à une ligne dont la survie est en soi une prouesse, la ligne Aurillac-FIgeac (Capdenac).
65 km de voies qui serpentent dans les contreforts du Massif Central, en redescendant des hauteurs d'Aurillac (632m) pour regagner la vallée du Célé à Figeac (200 mètres environ), avant de continuer parfois sur le noeud de Capdenac. A cheval sur deux régions, traversant une zone rurale parmi les plus éloignées des grandes agglomérations, en pleine diagonale du vide, et desservant des communes très faiblement peuplées (mis à part Ytrac, 4000 habitants dans les faubourgs d'Aurillac, les 3 principaux bourgs, Pers, Maurs et Bagnac-sur-Celé ne compte que 1000 à 2000 habitants), la ligne a un potentiel propre très faible, ne serait sa vocation interrégionale sur l'axe Clermont-Toulouse.
Il y a un magnifique ouvrage, le
viaduc de Ribeyrès sur le Cère, qui présente la particularité qu'on ait rebâti ses piles initialement métalliques en béton du fait de la création du barrage de St-Etienne-Cantalès (la retenue ayant ensuite immergé ces piles).
Les horaires du service 2026 sont quasiment identiques à ceux de 2025. La ligne compte 5 trains par jour en semaine, pour un temps de parcours compris entre 1h09 et 1h18 selon le nombre d'arrêts intermédiaires (4 à 7) et le sens de la pente (qq minutes de plus pour "monter" sur Aurillac), avec une vitesse moyenne inférieure à 60 km/h.
Vers le sud, très bonne chose, il y a selon le sens 3 et 4 trains directs (sur 5) Aurillac-Toulouse, dont un A/R direct Clermont-Toulouse qui nécessite quand même entre 5h45 ou 6h (selon le sens) de bout en bout pour 390 km de trajet.
La politique d'arrêt est un peu erratique. 3 des 7 arrêts ne sont desservis que par deux trains. La vitesse étant faible, les temps de parcours relativement voisins, on peut vraiment se demander à quoi ça sert de desservir un arrêt seulement deux fois par jour.
En revanche, vers le nord, mis à part le train direct, la correspondance à Aurillac en direction de Clermont-Ferrand semble hors de portée (le temps de trajet est certes un peu dissuasif, mais cela peut aussi concerné des liaisons intermédiaires sur l'ensemble du trajet).
De Clermont vers Figeac :
- Le matin, un départ à 5h43 avec un changement à Arvant puis un bus entre Arvant et Aurillac permet d'arriver à prendre le train de 08h49 vers Toulouse, ce qui est un peu acrobatique, lent mais réalisable.
- Mais après le train direct départ à 10h38 de Clermont vers Toulouse, plus aucune correspondance n'est possible depuis Clermont vers Figeac; les deux trains qui partent à 16h49 et 18h30 d'Aurillac vers Figeac sont sans correspondance. Le premier train de l'après-midi de Clermont arrive à 19h09 à Aurillac, 39 minutes trop tard. C'est un peu dommage : revenir de Clermont en milieu/fin d'après-midi doit concerner davantage d'usagers que ceux partant à 10h38, en tout cas ceux s'arrêtent avant Toulouse.
De Figeac vers Clermont, ce n'est pas mieux :
- Tôt Le matin, le premier train de Figeac (départ 5h57) arrive à 7h15. Il y a bien un bus qui part d'Aurillac vers Arvant, avec une correspondance pour arriver à Clermont-Ferrand à 10h19, mais le bus part à 7h13. Deux minutes plus tôt. Dommage, mais l'heure c'est l'heure !
- Le second train du matin arrive à 9h47 à Aurillac et bénéficie d'une correspondance vers Clermont à... 10h27. Cela fait seulement 40 minutes à attendre à la gare d'Aurillac. Après tout c'est l'heure du 2ème café de la matinée !
- Le premier train de Toulouse (8h57 - Figeac 11h19) arrive à 12h30 à Aurillac, et il n'y aucune correspondance vers Clermont (le train suivant pour Neussargues part une heure plus tard à 13h30)
- Le train du soir arrivent trop tard à Aurillac (21h40), bien après le dernier train d'Aurillac pour Clermont
Bref, si les liaisons sont pas mal sur Aurillac-Toulouse par rapport à ce qu'on peut raisonnablement espérer vu la ligne et la démographie, c'est toujours impressionnant de ne pas réussir à synchroniser les quelques correspondances possibles à Aurillac, même si c'est pour une poignée de voyageurs, et même si bien sûr il y a des contraintes. Toujours ce sentiment un peu amer que la chose ferroviaire n'est pas prise au sérieux et n'a pas à l'être.