Aig Wrote:Harold92 Wrote:Je crains qu'il n'y ait un biais dans ce raisonnement:
-il n'y a pas d' "argent perdu": cet argent n'existe pas, c'est de la dette pure et simple, s'ajoutant à celle préexistante, qui n'est pas très basse.
- si ces "mesures non ciblées" n'avaient pas été mises en place, on peut être sûr à 100% que un montant équivalent n'aurait pas été affecté à "des mesures en cohérence avec les enjeux énergétiques"
On pourrait tenir le même raisonnement pour beaucoup de dépenses: par exemple, que ne ferait-on pas avec tout l'argent du RSA (A pour activité.,mais sans activité), ou celui compensant les régimes spéciaux de retraite (du moins ceux qui sont déficitaires, ils ne le sont pas tous)?
Ou dit autrement: dans les différents cas, la paix sociale a un prix qui se paie sur le moment, pas en 2050.
C'est louable de faire de la pédagogie mais il faut le faire à bon escient
sans considérer que les intervenants sont totalement incultes. Tout le monde sait que les demandes de ressources supplémentaires se font au dépens de la dette qui est élevée. Tout le monde sait aussi que les décideurs politiques ne se retrouvent pas devant un choix unique à 2 options "je finance un rabais sur l'essence" ou "je finance l'entretien du réseau ferroviaire".
La première option vise à résoudre un problème à court terme alors que la seconde vise à résoudre un problème à plus long terme qu'on commence d'ailleurs à considérer comme un problème à court terme étant donné que sa solution dépend de nos actions actuelles. Dégager des ressources pour les 2 problèmes plombe la dette, rien que ça, qu'on le veuille ou non crée des interactions entre les 2 problématiques (lors de la fabrication des budgets, des arbitrages sont faits, y compris entre des dépenses de natures différentes).
Mais le plus important, c'est qu'à cela, s'ajoute le fait que la première dépense à le gros inconvénient de retarder la prise de conscience qu'il nous faut modifier nos habitudes de mobilité, alors que le renoncement à la seconde a pour conséquence de rendre plus difficile la modification de nos habitudes de mobilité. Je ne vois donc aucun biais de raisonnement dans le fait de considérer ensemble les décisions concernant les 2 dépenses.
Bonne soirée.
sans considérer que les intervenants sont totalement incultesDécidemment c'est le fil de la divination des pensées d'autrui ....Pas grave, mais intéressant quand même à constater.
Pour le reste du message, je ne suis pas assez "inculte" pour ne pas savoir à peu près comment se construit un budget et que tout ce qu'on ne donne pas à Pierre n'ira pas à Paul ou à Jacques.
Mais quelque chose est en train de changer: les taux d'intérêts remontent, le service de la dette (les seuls intérêts annuels des emprunts) va exploser,et ce sera bien avant 2050.
Donc Bercy met un peu de côté la pédagogie verte et cherche des économies après avoir beaucoup dépensé sur divers sujets (le COVID..et la subvention aux carburants).En plus Lemaire a de tout temps eu un discours très "réversible" sur beaucoup de sujets...
Ce n'est certes pas un bon message, mais la "modification de habitudes de mobilité" aurait probablement été très rapide et bien gênante d'un point de vue économique et social si des mesures n'avaient pas été mises en place sur le prix des carburants: la réédition des Gilets Jaunes et le blocage complet du pays.Et on l'a presque eu avec la grève dans les raffineries.
Curieusement le quasi-blocage des prix de l'électricité et du gaz n'attire pas les mêmes critiques que celles pour la subvention aux carburants.Pourquoi, alors que les subventions correspondantes ne sont pas liées aux conditions de revenus des abonnés électricité et gaz, comme pour les carburants.
La subvention aux carburants est un simple réflexe de peur politique.Il sera d'ailleurs intéressant de voir ce qui se passera quand ces subventions disparaitront.car actuellement, et malgré la subvention, beaucoup de rouleurs contraints trouvent les prix des carburants bien trop élevés...
Et la subvention aux carburants existait déjà pour les pêcheurs, le transport routier, l'agriculture, etc, souvent mise en place après des demandes un peu musclées sur le terrain.
Dans ce genre de situation à hauts risques, éviter l'explosion sociale n'a pas de prix, et le politique met le prix "quoiqu'il en coûte".
Le politique ne voit pas la situation depuis Sirius , il doit faire face sur le moment et sur le terrain (et quelle que soit sa couleur politique), même si le prix de ce qu'il fait maintenant a une incidence sur ce qu'il (ou d'autres) pourra faire plus tard.
Pour encore forcer (vertueusement) le trait, il y a un bon signal très facile à donner immédiatement à la population: malgré le piètre état du parc nucléaire français, refuser énergiquement le moindre kWh importé des pays voisins qui soit issu des énergies fossiles: ça ne coûte rien au budget, et c'est un signal très fort pour un mode de vie moins énergivore.Par contre c'est la révolution immédiate garantie.
Pour ce qui concerne ce que Thor appelle "le mauvais signal donné à la population", je crains que la plus grande partie de la population n'y prête strictement aucune attention quand elle a fort à faire pour boucler ses fins de mois, même en bénéficiant pour certains de la subvention indifférenciée aux carburants.
Une autre partie plus attentive aux enjeux entend sans cesse parler de la transition écologique, mais pour le moment personne ne lui a dessiné le chemin, à part dire que tout ou presque doit changer.Cela ne la rassure pas, et elle peut penser qu'en fait il n'y a pas de chemin, mais qu'il y aura un mur.
Pour en rajouter une couche, actuellement les transports publics font face à des difficultés sérieuses (bus scolaires, TER, transports en IDF et dans les métropoles) qui ne semblent pas spécifiquement liés aux infrastructures: certains voyageurs qui les utilisaient reviennent au transport individuel: c'est un très mauvais signal, mais certains n'ont pas le choix.Comment ces transports pourraient attirer plus de voyageurs dans leur état de fonctionnement actuel?Quand chaque jour le fonctionnement "normal" est que certains navetteurs doivent vérifier à 17h si leur TER du lendemain matin les conduira (ou non) au travail, ces utilisateurs ne perçoivent aucun signal vertueux, tout au contraire.
Et le politique national ne dit mot, puisque cela ne le regarde pas : villes, régions, métropoles, etc. débrouillez-vous!
Pour les infrastructures nationales, un jour on entend "fini l'extension de la grande vitesse, mettons l'accent sur l'existant, renforçons les trains du quotidien" et un autre place à la mise en place de comités financiers ad hoc pour Bordeaux Toulouse et Montpellier-quelque part (des tranches aussi minces que possible jusqu'à Perpignan".
Pour tout cela, je ne crois pas trop aux bons ou mauvais signaux envoyés "à la population": beaucoup de contradictions, des actions disparates , bref pas de colonne vertébrale ( et ce n'est pas seulement vrai pour les transports).