Clement Wrote:Bof, la nouvelle e-208 de 2020 tient 150 km sur autoroute... Si tu regardes les modèles un peu plus ancien c'est sensiblement pareil.
Non, il y a quand même eu des progrès notables en moins de 10 ans : 150 km était peu ou prou l'autonomie de la première version de la Zoé dans les conditions de circulation les plus favorables aux véhicules électriques (ville, beau temps, mais température modérée). La Zoé actuelle a une autonomie quasiment deux fois plus importante dans les mêmes conditions.
Ensuite, si en France on a une électricité décarbonée grâce au nucléaire, ce n'est absolument pas le cas partout dans le monde...
On déplace le problème, quand on ne l'aggrave pas.
Je ne pensais pas qu'on puisse un jour être d'accord sur un point. Tout arrive !
On constate aujourd'hui une certaine "bulle" médiatique et politique autour des véhicules à batterie que je peine à comprendre. J'ai l'impression qu'on tend à se focaliser sur l'absence d'émissions directes de CO2 en éludant les questions qui fâchent :
- quid de la production d'électricité ? Nous sommes de bons élèves en France avec le nucléaire, mais c'est loin d'être le cas partout...
- quid de la fabrication des batteries ? A partir de métaux rares extraits dans des pays à bas coûts, souvent dans des conditions inhumaines
- et leur recyclage ?
- quid de notre souveraineté technologique ? Comme évoqué précédemment, nous sommes pour l'heure dépendants de la Chine. Le fameux "Airbus des batteries" suffira-t-il à combler notre énorme retard ? (Je ne parle pas que de la France, mais de toute l'industrie automobile européenne) J'en doute...
- et l'emploi ? Je l'ai aussi déjà évoqué : une chaîne de traction électrique nécessite moins de masse salariale qu'une thermique, et ce à tous les échelons (de la R&D à l'après-vente, en passant par la fabrication). Certes, il va inévitablement falloir aller dans cette direction, mais ne met-on pas la charrue avant les bœufs en contraignant tout un secteur, déjà ébranlé depuis un an et pour qui la crise Covid-19 fut le coup de grâce, à se réinventer trop urgemment ? A-t-on pensé aux conséquences sociales, ou est-ce qu'on s'en est limité à faire du "green washing" ?
- et le client dans tout ça ? Est-ce que le véhicule électrique répond vraiment à ses besoins et à ses envies ? Pour l'instant, j'ai envie de répondre non, au vu des chiffres de ventes réelles (= aux particuliers), qui restent très modestes malgré le green washing, le développement de l'offre et la pluie d'aides à l'achat... Les inconvénients (autonomie, recharge...) prennent toujours le devant sur les supposés avantages...
- parlons-en des aides à l'achat :
https://www.lepoint.fr/automobile/voitu ... 92_646.phpEn parallèle, les moteurs thermiques n'ont jamais été si peu polluants, y compris les Diesels. Le fort développement des systèmes d'hybridation plus ou moins légers (en fonction des besoins) montrent qu'il y a encore de quoi progresser. Nous maîtrisons totalement ces technologies en Europe. Ne met-on pas le "haro" dessus un peu trop rapidement ?
On peut aimer conduire tout en étant pas non plus accroché à son volant

Là aussi je te rejoins (par rapport également à ce que tu disais par ailleurs) : les voitures les plus légères sont souvent plus plaisantes et plus efficaces à conduire que les tanks surpuissants aseptisés et bardés d'aides électroniques. Suivez mon regard, qui se dirige vers les productions de la rive droite du Rhin : ça impressionne en ligne droite sur "Autobahn", mais ça se fait distancer par des modèles bien moins élitistes comme nos petites sportives tricolores (Alpine A110, Clio RS, 208 GTI...) à la moindre attaque de col...
Tout ça pour dire qu'un poids maîtrisé est gage d'efficacité, et pas seulement énergétique. Seulement, l'accroissement des exigences en matière de sécurité a très largement contribué à l'alourdissement des véhicules ces dernières décennies. Il est évident qu'on ne pourra jamais retrouver des véhicules aussi légers que ceux d'il y a une trentaine d'années, a fortiori encore moins avec des engins à piles...