Irun ne veut pas rater le train de la LGV
Une étude commandée par Madrid remet en question le passage du « Y basque » au cœur d’Irun. Un coup dur pour la Ville et son projet de gare intermodaleMiguel Angel Páez, adjoint à l’environnement de la Mairie d’Irun, s’interroge sur la nouvelle option évoquée par Madrid.
A l’horizon 2016, les premiers voyageurs de la grande vitesse venus de Madrid devaient débarquer sur le quai de la gare intermodale d’Irun. À moins que le gouvernement espagnol ne change son fusil d’épaule, écartant la cité transfrontalière de son tracé… Ce scénario n’a rien de définitif. Mais Madrid y songe. Le ministère de l’Environnement espagnol a même lancé une étude sur cette option. De quoi contrarier les plans de Miguel Angel Páez, adjoint à l’environnement de la Mairie d’Irun.
« Sud Ouest ». En quoi cette nouvelle étude implique une modification du tracé initial ?Miguel Angel Páez. Le document présente un arrêt à Saint-Sébastien. Ensuite, les trains continuent leur course vers le Pays basque français, avec un prochain stop en gare de Bayonne, mais sans arrêt à Irun. Le tracé initial dévierait à hauteur de Lanbarren, entre Lezo et Oiartzun.
De telles modifications entraîneraient un changement de trajectoire, avec une courbe plus prononcée qui obligerait à dévier plus au sud de l’autoroute. Cela suppose de pénétrer davantage dans le parc naturel de Peñas de Aya. Donc des viaducs, des tunnels… Ce serait un désastre environnemental.
En quoi cette nouvelle hypothèse serait préjudiciable pour Irun ?Nous avions signé un protocole avec le ministère des Transports espagnol, le gouvernement basque et la diputación pour construire une gare intermodale à Irun - à l’endroit de l’ancienne gare - pour les TGV, les trains régionaux RENFE (équivalent de la SNCF), le Topo et les autobus. Si le TGV ne s’arrêtait pas à Irun, ce serait un coup dur pour la ville.
À quel niveau ?Irun est une ville cousue de servitudes et cernée d’infrastructures, comme des routes, un réseau ferroviaire dense, un aéroport, mais elle n’en tire aucun profit. L’arrêt du TGV à Irun nous permettrait de devenir une ville de services à part entière. Sans cela, je crains que notre projet de gare intermodale n’ait plus aucun intérêt.
Pourquoi le gouvernement voudrait-il modifier aujourd’hui le tracé imaginé en 1997 ?Nous ne savons pas. Ce n’est pas le ministère des Transports de Madrid qui nous a notifié ce possible changement, mais le ministère de l’Environnement qui réalise, dans le cadre d’une enquête publique, une étude sur les conséquences environnementales que pourraient entraîner ce nouveau tracé. Nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement espagnol se précipite désormais vers cette nouvelle hypothèse. D’autant que cela implique aussi un nouveau point de connexion avec la France.
La connexion France-Espagne s’en verra modifiée ?On s’aperçoit qu’il y a un changement à la connexion à Behobia, qui serait le cas échénat décalée vers Biriatou. Mais cette étude ne tient pas compte non plus des doutes côté français. Paris ignore toujours si la nouvelle ligne se fera un jour ou si une rénovation des voies actuelles suffira.
Pourriez-vous rejoindre les opposants à la LGV ?Nous sommes pour ce projet. Mais nous croyons que cette nouvelle hypothèse serait une agression gratuite faite à l’environnement.