Je crois qu'on a déjà eu ce débat quelque part, mais bon.
gavouze Wrote:- la gratuité ou quasi gratuité est déjà très répandue. les gens qui paient plein pot paient un cout démesuré (>1€ le trajet, soit 4 ou 5€ en famille ... à peine moins qu'en voiture, sans la flexibilité), ce qui est probablement un frein à l'utilisation des TC en remplacement de la voiture.
Non, le coût n'est pas un frein à l'utilisation des TC.
Les principaux freins sont avant tout (et dans le désordre) les trajets, les temps de trajet (y compris l'attente), les horaires, la méconnaissance des possibilités. Sont aussi prépondérant l'inconfort, l'insécurité (bien plus citée par ceux qui ne prennent pas les TC : ils s'imaginent que c'est dangereux, alors que ceux qui utilisent les TC ont bien moins ce sentiment d'insécurité). En effet :
-l'usage d'une voiture est horriblement cher par rapport à un TC, le facteur coût est donc déjà à l'avantage des TC. Mais on aura beau avoir un bus gratuit, s'il ne passe pas à proximité de chez soi, ou s'il ne va pas là où je veux aller, ou s'il ne passe que 2 fois par jour, la gratuité n'amène pas grand chose.
-on peut aussi voir que les opérations de promotion n'ont pas de massif succès (genre la gratuité tel ou tel jour, les parkings relais qui coût(ai)ent 1,50€ pour 5 personnes, les mesures pic de pollution, ...). Peut-être est-ce aussi un défaut d'information.
-Au contraire, lorsqu'on augmente l'offre quelque part (ligne express, tramway, horaires renforcés), on attire du monde nouveau. Pourtant, le prix ne baisse pas.
-Lors de la mise en place de PDE, on peut facilement baisser très significativement la part de l'autosolisme, rien qu'en informant des possibilités de venir en TC (lignes existantes, horaires existants) ou en vélo (découverte d'un itinéraire).
-la récente loi a baissé de 50% le prix des abonnements : ce n'est pas encore la gratuité, mais c'est une baisse plus que négligeable, et on n'a pas eu une augmentation énorme de la fréquentation.
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la voiture est choisie par confort, par facilité. C'est plus simple (malgré les bouchons), et ça ne coûte pas si cher que ça vu qu'on néglige un paquet de coûts (on ne compte souvent que le carburant voire le parking et le péage).
À partir de là, la gratuité n'est pas un levier très important. D'ailleurs, dans les villes ayant mis en place cette gratuité, on observe certes un bon immédiat de la fréquentation, mais il s'agit essentiellement de gens qui utilisaient déjà le bus et l'utilisent plus (à la place de la marche à pied, typiquement). Il n'y a pas du tout de report modal. Ceux pour qui le bus était inadapté (à raison ou par méconnaissance), même gratuit il le reste, donc ils ne le prennent pas plus.
- je me répète, mais si on prend en compte le cout de la billetterie: ticket, composteurs, controles, le temps perdu avec la montée par l'avant ; ce cout n'est surement pas négligeable / recettes (je me souviens de chiffres assez incroyables, j'ai souvenir d'un chiffre de 16% des recettes de la semitag venant de la vente de billets ... à vérifier)
L'usager participe effectivement à hauteur de 16% du financement du SMTC (
http://www.smtc-grenoble.org/?q=node/219 ), tout compris ( fonctionnement et investissement).
Sur le fonctionnement du réseau, on peut lire ici (
http://www.smtc-grenoble.org/?q=node/220 ) que le SMTC participe à hauteur d'environ 75 M€ au déficit d'exploitation de la SÉMITAG, soit environ 1€ par voyage effectué. L'usager paie le reste (avec un coût moyen par voyage qui doit être un peu moins d'1€) : le % est plus proche des 40%.
D'autre part, 16% du budget du SMTC (150 M€), ça représente tout de même 24 M€ par an. Je ne connais pas la somme des coûts que tu cites mais on n'est sûrement pas dans le même ordre de grandeur.
Donc instaurer la gratuité ce serait se priver de 24M€, sans avoir d'effet réel sur la fréquentation, et même s'il y en a un, il faudra investir pour l'absorber (ce sont surtout des gens qui se déplacent aux heures de pointe qui vont venir grossir les rangs. Il faut donc de toutes façons investir, et ce n'est pas en se privant d'une source non négligeable de financement que l'on se facilite la tâche.
La gratuité, pour moi, c'est une fausse bonne idée : c'est coûteux, et ça ne résout pas les problèmes. (finalement, c'est comme la rocade nord

)
D'ailleurs, aucune grosse ville de par le monde n'a son réseau gratuit.
Les petites villes françaises qui l'ont fait avaient (et ont toujours) un réseau de bus utilisé surtout par les captifs (scolaires, retraités, bénéficiaires des minimas sociaux). L'usage de la voiture est encore très facile. Il y a donc peu de recettes commerciales (abonnement scolaires et personnes agés déjà très subventionnés, comme partout) : les 40% dont on parlait plus haut sont plutôt du 5%. Et le passage à la gratuité ne coûte pas grand chose, tout en permettant de redynamiser un peu le réseau... même si l'effet sur l'utilisation de la voiture reste négligeable.