La traditionnelle image du car postal suisse et de son célèbre klaxon à l'assaut des petites routes de montagne, permettant de rejoindre n'importe quel village perdu au fin fond du pays fait désormais bel est bien partie du passé.
Le premier coup porté à l'édifice fut à mettre à l'actif des Publicars (bus à la demande), qui remplacent des bus à horaires fixes dans de plus en plus de régions.
Certes, il faut reconnaître que si, au niveau du symbole, ce système ruine le mythe du car postal, le remplaçant par un vulgaire minibus qui ne circule qu'à la demande sur un parcours variable, le côté pratique, finalement le plus essentiel, est encore intact: pouvoir se rendre d'un point A à un point B par les transports en commun.
Malheureusement, ce système est loin de remplir pleinement satisfaction, pour diverses raisons, à commencer par le fait qu'il n'est pas gratuit, même pour les titulaires d'abonnements généraux.
De même, on reste stupéfait de se voir répondre, certaines fois, "non, il n'est pas possible de réserver un publicar pour demain, c'est déjà complet", en téléphonant la veille pour réserver un parcours.
Ah, il est loin le temps ou la Poste dépêchait un 2ème car lorsque une course partait à plein...
Le second coup porté est bien plus radical. C'est même carrément l'effondrement du système: la desserte de certains village a été, purement et simplement, supprimée.
Supprimée, pour être remplacée par... rien.
Par rien, ni plus, ni moins.
Désormais, il n'est tout simplement plus possible, sans être équipé d'un véhicule personnel, de se rendre dans certains villages.
Comment font les habitants qui, pour des raisons idéologiques ou pratiques, n'ont pas de voiture?
Mystère.
En tous cas, pas plus eux que leurs visiteurs ou les touristes de passage ne peuvent utiliser de transport en commun.
Les villages touchés par cette disparition des transports sont encore relativement peu nombreux, mais nul doute qu'ils augmenteront au fil du temps.
On peut citer, au hasard, certains villages de montagne valaisans: Morcles, Chandonne, Vichères...
Alors certes, personne ne peut nier que ces lignes n'étaient pas rentables.
Mais est-ce une raison suffisante pour les supprimer?
Personne ne semble tenir compte du coût social (désertification des villages, isolement social des habitants non-motorisés restants...) qu'impliquent ces suppressions, et encore moins du coût écologique.
Supprimer un office de Poste dans un village qui se dépeuple, pour le remplacer par un service à domicile, à la rigueur.
Supprimer un car en horaire régulier par un service de bus à la demande, pourquoi pas, car il est vrai que maintenir une ligne vide aux 3/4 des courses n'a pas vraiment de sens.
Mais supprimer complètement la desserte d'une zone par les transports publics, alors même que La Poste réalise des millions de bénéfices chaque année, non, vraiment, non.





