Bonsoir Phebus-171,
Cela fait un bout de temps que nous ne t'avions pas vu sur le forum et tu es bienvenu d'y revenir, par le passé tu nous as apporté beaucoup d'informations.
Grand merci pour tes informations sur les trois bus Chausson SC4 des Transports A. Démas (ex-Siroux) à Angers dont tu dis qu'ils avaient été achetés d'occasion à la STAVO de Chavenay (78).
Sur ce forum il avait été question de ces bus voici quelques années, c'est sympathique de ta part de t'en être souvenu et de faire suivre les informations. Je garde le souvenir de les avoir vus sur le parking de la place Saint-Serge (aujourd'hui Mitterrand) en livrée d'origine, un crème clair un peu beige avec, sous les fenêtres, une bande de couleur bordeaux. Ils arrivèrent à Angers en mai 1968 (bon sang ! 58 ans…).
La STAVO est sans doute inconnue pour nous, ce serait intéressant si tu pouvais nous donner quelques précisions. Selon Wikipedia il s'agit de la Société de transport automobile de Versailles Ouest (voir :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Société_de_transport_automobile_de_Versailles_Ouest). Il semble que ce petit réseau urbain exploitait aussi des autocars. Wikipedia précise qu'elle fut fondée en 1934 et qu'elle disparut il y a deux ans en 2024, suite à l'ouverture à la concurrence des autobus franciliens. Pourrais-tu nous en dire plus sur ce réseau ?
Dans ton message tu as donné des informations très intéressantes sur le type des Chausson d'Angers, notamment le nombre de portes : ainsi il y avait 1 SC4 en portes 422 et 2 autres en 402. Dans ma mémoire un peu floue — je n'ai pas de photos d'eux — je croyais que le Chausson à 3 portes était en 442. Tout ça c'est bien loin, mais maintenant on sait, grâce à tes précisions.
Nous sommes quelques-uns sur ce forum à avoir de la nostalgie pour cette ligne suburbaine de 10 kilomètres environ qui allait de la gare Saint-Laud d'Angers jusqu'à Montreuil-Belfroy (aujourd'hui Montreuil-Juigné), via la gare Saint-Serge et Avrillé. Son propriétaire, Augustin Démas, fils d'un transporteur, était un ancien garagiste qui avait reçu cette ligne en dédommagement de factures d'entretien que son ancien propriétaire — la SEVIA, qui était dirigée par une dame — ne pouvait plus payer. Les populations en 1954 étaient de 2 218 hab pour Avrillé, 419 hab pour Montreuil-Belfroy et 864 pour Juigné-Béné. Au total cela faisait 3 501 hab, non compris les quartiers d'Angers traversés par la ligne, le bassin de population était modeste.
Initialement les Transports Siroux (ou peut-être les Cars Siroux ?) avaient été fondés par un américain, M. Ernest Floege, qui était venu en France, y était resté et avait eu l'idée d'adapter une grosse voiture américaine, une Ford T, pour transporter des voyageurs de Montreuil et Avrillé vers Angers. Il avait transformé cette voiture en lui rajoutant un essieu. Elle avait donc 6 roues, d'où le nom de l'entreprise.
Monsieur Démas exploitait cette ligne à ses risques et périls, ne recevant pas un sou des municipalités. J'ai connu deux conducteurs de cette entreprise, ils en avaient gardé un bon souvenir, l'ambiance de travail y était bonne. En dehors de cette ligne suburbaine Monsieur Démas exploitait aussi des cars de tourisme et assurait également des ramassages scolaires et des services d'usine.
Les transports Démas avaient récupéré d'occasion des autobus de marque et d'origine diverses, probablement une vingtaine. Cette diversité de matériels faisait que la ligne de Montreuil avait du pittoresque, et puis c'était plaisant de voir deux exploitants différents dans la même ville : la Compagnie des Tramways et Démas. De tels situations ont aussi existé ailleurs en France.
La ligne de Montreuil avait aussi un autre mérite : c'était le seul endroit du Maine-et-Loire où l'on voyait des autobus urbains Chausson, même s'il n'y en eut que six au fil des années, mais selon les périodes le parc n'en comptait que deux, puis un, puis quatre et trois pour finir.
Pour être juste il y avait aussi les trois Chausson de l'usine des Tréfileries et laminoirs du Havre, toujours à Montreuil-Belfroy, devenue Tréfimétaux, puis Cégédur avant de disparaître, mais il ne s'agissait que d'un ramassage du personnel (en 2x8 ou 3x8 ?) ; cette usine employait environ 1 000 personnes.
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Pour plus de détails :
– 1° on trouve un article sur les Transports Démas dans Charge Utile (n° 45 de septembre 1996). Il a été rédigé par un de nos amis du forum ;
– 2° un chapitre est consacré aux Transports Démas dans le livre de Michel Raclin
Angers, une histoire de tramways, paru aux éditions LR Presse en 2012 (n° ISBN 978-290365173-2), voir les pages 197-203 et 330-332. Ce livre est encore trouvable en vente sur internet.