Maastricht Wrote:Hier matin, TER de 6h52 au départ de Tours, arrêté au bout de deux kilomètres suite à une restitution tardive de travaux. Rien de bien méchant, on repart avec 12 minutes de retard... qui sont complètement résorbées à Nantes, arrivée 8h43.
Dans l'autre sens, Intercités partant de Nantes, annoncé à 14h46, départ effectif 15h02 suite à mise en place tardive. Nous arrivons à Saint-Pierre-des-Corps à 16h32, avec 2 minutes de retard sur l'horaire, contre 16 au départ. 1h30 pour avaler 197 kilomètres avec deux arrêts.
C'est évidemment chouette pour les voyageurs, mais une telle détente me laisse un peu perplexe. Il y a des durées d'arrêt parfois un peu fortes (3 minutes à Saumur pour l'IC), mais c'est en fait plusieurs fois par an qu'une dizaine de minutes de retard sont rattrapées sur Tours-Angers
Bonjour,
j'ai jeté un oeil à tes deux marches. Voici mes remarques...
860105 (variante applicable le 17/06/26).
Le sillon est tracé en Z56500 (US).
Il n'a pas de détente (pas de gêne en ligne le jour examiné) jusqu'à Angers mais 2 min V entre la sortie de TO/SPC et Savonnières (y avait-il une LTV ce jour-là ?). Arrêts intermédiaires d'une minute. On sait faire plus court avec ce matériel, lorsque le nombre de voyageurs n'est pas élevé, et que la configuration du point d'arrêt le permet (pas de quai bas). Sur les Regio2N, l'ADC gère la séquence de départ en intégralité (=> efficacité car on évite la double séquence imposée par le fonctionnement actuel des matériels, interdisant les départs avec la porte de l'ASCT non fermée et verrouillée).
4 min d'arrêt à Angers (contrainte GOV à Angers, du moins certains jours ?) avec réception sur signal de sortie fermé (qui rallonge la marche).
Angers-Nantes : détente 1 min, arrivée tracée V52 (donc voie à 30 + contrainte KVB/VISA SF/réception sur heurtoir). Tracé derrière 858705 (omnibus d'ASL à Ancenis) mais pas au block (ce dernier repart 6 min devant le 860105 d'ANC, et est direct jusqu'à Nantes).
Le 860105 profite de la VL200 sur ASL-ANC. Au-delà, la VL de tracé le bride à 160 (pas regardé les RT mais seuls les trains de catégorie III [TGV, X27500] ont de mémoire un tronçon à VL>160 à l'ouest d'Ancenis, s'il existe toujours...
La marche de base des Regio2N V200 est calculée avec un coefficient de décélération de 0,5 m/s². Les Regio2N ont un frein combiné performant (avec une part d'électrique importante en freinage de service), grâce à sa commande électrique et au manipulateur unique. Un conducteur connaissant bien la ligne et son engin peut gagner beaucoup de temps sur les séquences de freinage, lorsque l'adhérence n'est pas dégradée. Ce fut sans doute le cas pour cette marche. A noter que le coefficient de décélération des Regio2N 55500 C/M/L ont été relevé de 0,5 à 0,6 m/s² pour les caler sur le coefficient des Z57000 franciliens (j'ai porté cette évolution en 2017/2018, qui demanda du temps et plusieurs marches de "validation" pour rassurer quant à l'absence de risque sur la robustesse des montages). Mais la démarche n'a pas été étendue aux versions créées postérieurement dans l'outil horaire.
La charge voyageurs a aussi un impact, sur des trains à arrêts multiples. Mais sur les Z56500, l'engin est paramétré en charge normale i.e. avec toutes les places occupées. Sur les 56500 et 57000, on est en CN4, ce qui représente 700 à 1000 voyageurs (assis et debout) par élément, pour une version de 110 m de long. Même en IdF, je n'ai observé du CN4 sur les lignes où ce matériel circule qu'en situation dégradée (trains supprimés, fort retards...), sur quelques intergares. Une marche tracé n'a pas vocation à couvrir des situations exceptionnelles (ou le respect de l'horaire devient secondaire, face aux aux contraintes du moment).
Possibles vitesses limites particulières (réductions de vitesses imposé à un type de matériel, qui n'est que rarement intégré dans le tracé du sillon) : je n'ai pas regardé si les Regio2N (avec leur architecture particulière et leur masse à l'essieu potentiellement élevée) étaient concernés sur TO-NS (il y en a sur Paris-TO).
4406/7 (variante applicable le 17/06/26).
Le sillon est tracé en 2Z84506 => correspond sjmsb au Coradia liner (6 pour version à 6 caisses) en mode électrique et en UM2. Ton train était-il bien en UM2 ?
Tracé départ V3 de Nantes (VL60). Détente 2 min concentrée sur ANC-ASL
Arrêt ASL 3 min (un matériel de ce type peut le faire en 2 min qui était la norme du temps des Corail, bien moins accessibles, mais la tendance à l'allongement des temps de stationnement est générale)
ASL-SPC : détente proche de 2 min dont 1 min entre Saumur et Savonnières. 2 min V entre cette gare et SPC. Arrêt 3 min à Saumur (difficile à comprendre quant à sa durée), déjà souligné dans ton message.
Arrivée SPC (5 min d'arrêt !) tracée sur signal de sortie fermé (cf. remarque supra).
Les Régiolis/Corradia Liner, comme les Regio2N 55500 C/M/L, sont paramétrés avec un coefficient de freinage de 0,5 m/s² dans l'outil de tracé alors que ce matériel a également un freinage performant (même si de l'EP classique contrairement aux R2N). Mais vu la politique d'arrêt, ce paramètre aura moins d'impact sur la marche.
Lorsque la vitesse de ligne est élevée (c'est le cas ici même si on est bridé à 160), la marge de régularité nominale de 4 min 30 s pour 100 km est relativement généreuse, en l'absence d'aléas. Avec les 2 min d'ANC-ASL par exemple, circuler à 135 km/h depuis Ancenis permet de faire l'heure... si le train atteint part à l'heure et respecte l'horaire de passage dans cette gare (ce qui ne nécessite pas non plus des prouesses au départ de Nantes). Entre ASL et Saumur RD, un "petit" 140 km/h suffit. Même question concernant la potentielle LTV à l'approche de SPC.
Pas de contrainte d'insertion en ligne sur cette partie du parcours... le jour où j'ai regardé (en filtrant le graphique). C'est sans doute essentiellement le respect des minutes dans les noeuds (NS, ASL, SPC) qui génèrent cette petite détente (par rapport à ce qu'on observe sur d'autres partie du parcours et/ou d'autres Nantes-Lyon, souvent fortement détendus sur certains tronçons du parcours - je n'ai pas regardé le cru 2026).
Pour répondre à Locutus : il faut une marge de régularité pour permettre de couvrir les petits aléas de l'exploitation (ex : stationnement prolongé d'une voire 2 min dans une gare, impact d'un signal fermé ponctuel [aujourd'hui lourd en block à trois aspects du fait du KVB et de la couche VISA qu'on a ajouté en sus], couvrir une LTV à faible impact...). Mais la détente (= ce qui vient au-delà de la marge nominale, qu'elle soit visible ou non - via les paramètres du calcul du sillon) est contreproductif : c'est peu motivant pour le conducteur de se traîner, ça incite les acteurs (EF comme GI) au relâchement (pas grave de ne pas partir à l'heure, y'a du mou dans la marche...), ça rallonge inutilement les marches donc au final dégradera l'économie du système (crochet plus tenable, journées agents qu'on arrive plus à tenir etc.) et ça consomme de la capacité en ligne (le découpage des cantons étant fixe). Mais la détente est le levier le plus accessible à l'horairiste pour insérer un sillon dans un graphique, respecter un espacement en ligne, à une bif, une contrainte de montage d'un GOV etc.