Il semble que redorer l'image du car ait un prix. Je me demande vraiment si ce type d'initiative sert bien à quelque chose...
L'autocar du futur pour redorer l'image d'un mal aimé
Une flotte d'âge moyen, accessible et confortable, des moteurs propres aux normes européennes d'émissions, pourtant les 65 000 autocars qui circulent en France sont encore les mal aimés du transport public. Un constat dressé le 15 mai 2013 par la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) de Provence Alpes Côte d'Azur qui organisait un débat à Marseille.
L’autocar, dernière roue du carrosse ? "Il est souvent associé au monde routier et à ses nuisances", regrette Laurent Benvenuti, délégué régional de la fédération professionnelle qui organisait mi-mai un débat à Marseille. "Un procès injuste car ce mode de transport a vécu des mutations techniques fortes, rapides et intenses. C’est l’outil par excellence de la mobilité durable", considère le défenseur de la profession.
"L’agglomération de Marseille est dans le top 5 des villes les plus congestionnées et les plus polluées de France, 600 000 personnes sont touchées par les émissions de particules", estime Jean-Yves Petit, vice-président de la Région Paca, en charge des transports. La collectivité locale gère 22 lignes express régionales par autocar.
En 30 ans, les évolutions technologiques ont permis de réduire de 30% la consommation des véhicules. Les 65 000 cars en circulation sont à la norme Euro 1, 65% à la norme Euro 4 (normes européennes d'émission qui fixent les limites maximales de rejets polluants pour les véhicules routiers). "L’autocar est le mode de transport le moins polluant", considère Laurent Benvenuti. Une nouvelle étape sera franchie avec l’Euro 6 au 1er janvier 2014, elle devrait réduire les particules fines de 60% et les oxydes d’azote de 80%.
Un parc jeune
Ces obligations visant à lutter contre le réchauffement climatique se sont accompagnées du renouvellement du parc roulant : les autocars en circulation en France ont 8,2 ans de moyenne d’âge. Moins de quatre ans et demi dans le Var, et cinq ans dans les Bouches du Rhône.
Une charte chartre d’engagement volontaire a été signée par 87 entreprises autocaristes au niveau national. "Le potentiel de réduction est de 14 500 tonnes de CO2 par an. Soit 6,9% de moins qu’actuellement", souligne Magali Aurran, chargée de mission à la FNTV. Cette action comprend plusieurs étapes dont l’analyse des moyens (humains, organisationnels, financiers) et la réalisation d’un diagnostic. De cet état des lieux, découle un indicateur de performance associé à un objectif de réduction à trois ans.
Affichage obligatoire du C02
En région Paca, la démarche a été lancée le 2 avril 2013, les premières chartes devraient être signées en octobre 2013. Il sera alors obligatoire d’informer les voyageurs sur la quantité de dioxyde de carbone émise par le mode de transport utilisé. "Sont concernés les personnes publiques ou privées organisant ou commercialisant une prestation de transport", précise Aurélie Bruder, responsable tourisme, technique, sécurité et environnement à la FNTV.
"Cette obligation n'est pas simple à mettre en œuvre, notamment pour les agences de voyages qui devront intégrer tous les modes utilisés". Ça l’est d’autant moins qu’aucune valeur théorique n’existe encore pour le transport routier de voyageurs. La FNTV travaille actuellement à l’élaboration d’un recueil national propre à l’autocar. "Cet outil clef en main devrait être diffusé au plus tard début septembre", affirme la responsable.
@-car, l'autocar du futur un peu trop cher
Autre action, le projet @-car qui consiste à imaginer l’autocar du futur. 'Si l’autobus a été réinventé dans les années 80, le car n’a pas encore fait sa révolution technique", note Laurent Benvenuti.
L’Association des départements de France (les départements sont responsables des cars scolaires et des lignes routières interurbaines), la FNTV et l’Ademe ont saisi l’opportunité de l’appel à manifestation d’intérêt relatif au véhicule du futur, lancé par l'Etat fin 2010. L’idée, inventer un véhicule qui réponde à la fois aux nouvelles attentes des clients et aux contraintes d’exploitation.
Un consortium de constructeurs et d’industriels a été créé. Il réunit autour de la FNTV, les constructeurs automobiles Iribus et Fast concept car, l’IFP énergie nouvelle, Ineo Systrans, l’Institut français des sciences et technologies des transports et de l’aménagement des réseaux (IFSTTAR), Orange etc. Leur projet instruit par l’Ademe fin 2013 a été retenu comme prioritaire.
Mais les partenaires doivent revoir leur copie à cause d'une part de l’aspect remorque de l'@-car" et de son budget jugé trop élevé (20,5 millions d'euros). "Les projets présentés sont plafonnés à 12 millions". Une deuxième présentation du projet est prévue le 7 juin 2013.
Mobilicité du 20/05/13